Le cancer de l’uretère fait partie des tumeurs urothéliales des voies urinaires supérieures. Cette pathologie rare représente environ 5 à 10 % des carcinomes urothéliaux et touche principalement des patients âgés de plus de 70 ans. Dans près d’un tiers des cas, la lésion se développe directement dans l’uretère, mais d’autres tumeurs concernent le bassinet rénal ou plusieurs zones du haut appareil urinaire.
La stratégie thérapeutique dépend du stade au moment du diagnostic, du grade histologique de la tumeur, de la localisation exacte de la lésion et de la fonction rénale, dont le taux de créatinine élevé peut être un indicateur. La prise en charge au centre ICONE est discutée en Réunion de Concertation Puridisciplinaire afin d’adapter le traitement à chaque patient.
Chiffres clés sur le cancer de l'uretère et ses voies urinaires supérieures
| Indicateur | Valeur | Note |
|---|---|---|
| Part des carcinomes urothéliaux | 5 à 10 % | Tumeurs des voies urinaires supérieures |
| Âge moyen au diagnostic | > 70 ans | Population principalement âgée |
| Localisation dans l'uretère seul | ~33 % des cas | Reste : bassinet ou multifocal |
| Risque de récidive vésicale après NUT | 20 à 50 % | Justifie instillation et cystoscopies |
| Survie à 5 ans (stade localisé) | ~70 à 80 % | Enriched – données oncologiques générales |
| Survie à 5 ans (stade métastatique) | < 20 % | Enriched – données oncologiques générales |
| Cycles de chimiothérapie adjuvante | 4 à 6 cycles | Espacement de 3 semaines en général |
Chirurgie du cancer de l’uretère : les différents types d’intervention
La chirurgie constitue le traitement principal des tumeurs localisées des voies urinaires supérieures. Le choix de l’intervention dépend surtout du caractère infiltrant de la tumeur, de son emplacement et du risque de progression.
La néphro-urétérectomie totale pour les formes à haut risque
La néphro-urétérectomie totale (NUT) est le traitement de référence des formes infiltrantes ou considérées comme à haut risque. Cette intervention consiste à retirer le rein atteint, l’ensemble de l’uretère ainsi qu’une petite portion de vessie appelée collerette vésicale.
Dans certains cas, un curage ganglionnaire est également réalisé afin d’évaluer une éventuelle extension locorégionale. L’intervention peut être réalisée par chirurgie ouverte, laparoscopique ou robot-assistée selon les caractéristiques de la tumeur et le contexte. Cette opération peut être proposée lorsque l’imagerie ou les biopsies évoquent une tumeur agressive, multifocale ou profondément infiltrante.
L’urétérectomie segmentaire et les traitements conservateurs
Certaines lésions limitées peuvent bénéficier d’une chirurgie conservatrice afin d’éviter l’ablation complète du rein. L’urétérectomie segmentaire consiste à retirer uniquement la portion de l’uretère contenant la tumeur avant de reconnecter les segments restants ou de réimplanter l’uretère dans la vessie.
Cette opération est surtout discutée pour des tumeurs qui se situent dans la partie basse de l’uretère. Pour des lésions de bas grade, peu infiltrantes et de petite taille, un traitement endoscopique peut aussi être envisagé. Réalisée par urétéroscopie, cette technique permet de détruire la tumeur au laser par les voies naturelles.
Le traitement conservateur peut être proposé dans certaines indications, notamment :
- Une tumeur unifocale
- Une petite lésion accessible au traitement complet
- L’absence d’infiltration visible à l’imagerie
- Une fonction rénale fragilisée
Un rein unique ou des tumeurs bilatérales
Types de chirurgie selon le stade du cancer de l'uretère
| Intervention | Indication principale | Étendue du geste | Approche possible |
|---|---|---|---|
| Néphro-urétérectomie totale | Tumeur infiltrante / haut risque | Rein + uretère + collerette vésicale | Ouverte / laparoscopique / robot |
| Urétérectomie segmentaire | Tumeur bas de l'uretère / limitée | Segment uretère concerné uniquement | Chirurgicale classique |
| Traitement endoscopique laser | Bas grade / petite taille / non infiltrant | Destruction locale par voies naturelles | Urétéroscopie |
Quand proposer une chimiothérapie pour un cancer des uretères ?
La chimiothérapie du cancer de l’uretère peut être administrée avant ou après la chirurgie selon le stade tumoral et le risque de récidive.
Une chimiothérapie néoadjuvante peut être discutée avant la néphro-urétérectomie dans certaines formes à haut risque. Elle permet d’utiliser des traitements à base de cisplatine avant une éventuelle dégradation de la fonction rénale liée à l’ablation du rein.
Après la chirurgie, une chimiothérapie adjuvante peut être proposée si l’analyse anatomopathologique retrouve une atteinte musculaire profonde ou un envahissement ganglionnaire.
Les protocoles utilisés reposent principalement sur des associations à base de sels de platine :
- Cisplatine et gemcitabine
- Carboplatine et gemcitabine lorsque le cisplatine n’est pas possible
- Plus rarement le protocole MVAC
Le traitement est administré par perfusion intraveineuse sur plusieurs cycles espacés de quelques semaines.
Dans certains cas, un curage ganglionnaire est également réalisé afin d’évaluer une éventuelle extension locorégionale, notamment vers les ganglions lymphatiques voisins. L’intervention peut être réalisée par chirurgie ouverte, laparoscopique ou robot-assistée selon les caractéristiques de la tumeur et le contexte. Cette opération peut être proposée lorsque l’imagerie ou les biopsies évoquent une tumeur agressive, multifocale ou profondément infiltrante.
La durée de la chimiothérapie varie selon les protocoles et la tolérance du patient. En règle générale le traitement peut s’étendre sur plusieurs mois.
Immunothérapie et thérapies ciblées dans les cancers de l’uretère avancés
Si la maladie est localement avancée ou métastatique, la prise en charge repose principalement sur des traitements systémiques.
L’immunothérapie utilise des inhibiteurs de points de contrôle immunitaire ciblant les protéines PD-1 ou PD-L1 afin de restaurer la réponse immunitaire contre les cellules tumorales.
Plusieurs molécules peuvent être proposées, selon les cas :
- Pembrolizumab
- Nivolumab
- Avélumab
- Durvalumab
Ces traitements peuvent être utilisés après une progression sous chimiothérapie, en entretien après une première ligne efficace ou chez certains patients qui ne peuvent pas recevoir de Cisplatine.
Dans les formes métastatiques, les stratégies thérapeutiques évoluent rapidement avec l’utilisation d’associations entre chimiothérapie, immunothérapie et nouvelles thérapies ciblées. Certaines anomalies moléculaires, comme les altérations FGFR2 ou FGFR3, peuvent parfois orienter le choix de traitements également.
Chez certains patients qui présentent une atteinte ganglionnaire locorégionale, une chimiothérapie d’induction peut être proposée avant une éventuelle chirurgie si la maladie devient résécable dans un second temps.
La radiothérapie du cancer de l’uretère
La radiothérapie n’est pas un traitement systématiquement proposé en cas de cancer de l’uretère, contrairement à certains autres cancers urologiques. Elle n’est généralement pas utilisée comme traitement principal des formes localisées. En revanche, une radiothérapie palliative peut être proposée afin de soulager les symptômes liés à la maladie avancée, à ne pas confondre avec la chimiothérapie :
- Douleurs
- Hématurie persistante
- Compression tumorale
- Lésions métastatiques symptomatiques
Plus rarement, une irradiation complémentaire peut être discutée avec l’équipe du centre ICONE et délivrée après la chirurgie, avec des effets secondaires de la radiothérapie à prendre en compte, lorsque la maladie locale est difficilement contrôlable.
Quel suivi après un traitement d’un cancer des uretères ?
Le suivi après un cancer de l’uretère permet de contrôler la survenue d’une récidive dans la vessie, sur le haut appareil urinaire ou à distance.
La surveillance repose sur des consultations médicales alternées entre les différents spécialistes du patient et plusieurs examens réalisés à intervalles réguliers (cytologie urinaire, cystoscopie, uroscanner, uro-IRM dans certains cas…).
Le rythme du suivi est en principe plus rapproché au cours des premières années qui suivent le traitement. Certaines équipes réalisent même une nouvelle urétéroscopie de contrôle quelques semaines après le traitement initial afin de vérifier l’absence de lésion résiduelle.
Questions fréquentes sur les traitements du cancer des uretères
Références bibliographiques
- Soria F, Shariat SF, Lerner SP et al.. « Epidemiology, diagnosis, preoperative evaluation and prognostic assessment of upper-tract urothelial carcinoma (UTUC). ». World J Urol. 2017. 35(3):379-387. PubMed PMID:27604375
- Morgan Rouprêt, Marko Babjuk, Éva Compérat et al.. « European Association of Urology Guidelines on Upper Urinary Tract Urothelial Cell Carcinoma: 2015 Update ». European Urology. 2015. PubMed PMID:26188393
- Société canadienne du cancer. « Traitements du cancer du bassinet du rein ou de l’uretère ». 2026. Société canadienne du cancer
- Arcagy – InfoCancer. « Les tumeurs de la voie excrétrice supérieure ». Révision janvier 2026. Arcagy – InfoCancer
- Roumiguié M, Seisen T, Masson-Lecomte A, Prost D, Allory Y, Xylinas E, Leon P, Bajeot AS, Pradère B, Marcq G, Neuzillet Y, Thibault C, Audenet F, Rouprêt M. « Recommandations françaises du comité de cancérologie de l’AFU – Actualisation 2024-2026 : tumeurs de la voie excrétrice urinaire supérieure (TVES) ». Progrès en Urologie. 2024. Urofrance
- Cancer Research UK. « Upper urinary tract urothelial cancer ». Cancer Research UK
- MedlinePlus. « Renal pelvis or ureter cancer ». Mise à jour 2024. MedlinePlus
- Manuel MSD – Édition professionnelle. « Cancers du bassinet et de l’uretère ». Révision 2025. MSD Manuals
- Bladder Cancer Canada / Cancer de la vessie Canada. « Cancer urothélial des voies supérieures – guide pour les patients ». Bladder Cancer Canada
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