Le cancer du péritoine touche la membrane qui tapisse la cavité abdominale et qui recouvre les organes digestifs. Cette maladie rare peut correspondre à une tumeur primitive du péritoine ou, plus fréquemment, à une diffusion secondaire d’un cancer digestif ou gynécologique. Sa prise en charge peut combiner une chirurgie, une chimiothérapie péritonéale et parfois une radiothérapie.
Cancer du péritoine : qu’est-ce que c’est ?
Le péritoine est une membrane fine qui tapisse la paroi interne de l’abdomen et enveloppe les organes digestifs (estomac, intestins, foie, rate, ovaires). Il assure leur protection, leur mobilité et régule l’équilibre des fluides dans la cavité abdominale. Le cancer du péritoine désigne la prolifération anormale de cellules cancéreuses dans cette membrane.
Deux formes existent : le cancer du péritoine primitif (rare) qui prend naissance directement dans les cellules péritonéales, et la carcinose péritonéale secondaire, plus courante, qui résulte de la dissémination d’un cancer préexistant (ovaire, côlon, cancer de l’estomac, pancréas, sein…).
Certaines maladies rares du péritoine peuvent également survenir, comme le pseudomyxome péritonéal ou le mésothéliome péritonéal.
Quelles sont les causes possibles du cancer du péritoine ?
Dans les formes secondaires, il s’agit dans la majorité des cas d’une propagation de cellules cancéreuses issues d’un autre organe abdominal.
Dans les formes primitives, les causes exactes ne sont pas toujours complètement connues. Plusieurs facteurs de risque ont néanmoins été identifiés. Des mutations génétiques spécifiques augmentent le risque, comme le syndrome de Lynch ou les mutations BRCA impliquées dans les [cancers du sein](lien approprié) et de l’ovaire héréditaires. L’exposition à l’amiante est associée à un risque accru de mésothéliome péritonéal, une fibre dont le rôle carcinogène est encore mieux documenté dans le mésothéliome pleural, forme la plus fréquente de cette maladie. L’endométriose a été reliée à un risque majoré de carcinose chez la femme. Une inflammation chronique du péritoine ou des antécédents de cancers digestifs constituent d’autres facteurs possibles.
Le risque augmente aussi avec l’âge (après 50 ans.)
Mais la présence de ces facteurs ne signifie pas qu’un cancer du péritoine va forcément apparaître. Et certains patients ne présentent aucun facteur de risque connu au moment du diagnostic.
Formes et facteurs de risque du cancer du péritoine
| Forme | Fréquence | Origine | Facteurs de risque principaux |
|---|---|---|---|
| Cancer primitif | Rare | Cellules péritonéales | Amiante, mutations BRCA, Lynch |
| Carcinose secondaire | Fréquente | Ovaire, côlon, estomac, pancréas | Antécédents de cancer digestif |
| Mésothéliome péritonéal | Très rare | Cellules mésothéliales | Exposition à l'amiante |
| Pseudomyxome péritonéal | Très rare | Cellules mucineuses | Appendice, ovaire |
| Tous types | Variable | Multi-origines | Âge supérieur à 50 ans, endométriose |
Les symptômes possibles du cancer du péritoine
Les signes sont souvent non spécifiques au début et peuvent être liés à d’autres pathologies digestives. Le premier symptôme significatif est fréquemment une distension abdominale liée à l’accumulation de liquide dans la cavité péritonéale (ascite), accompagnée d’une sensation de lourdeur ou de pesanteur.
D’autres signes peuvent apparaître : douleurs abdominales diffuses ou localisées, troubles digestifs persistants (nausées, vomissements, constipation ou diarrhée alternée), perte de poids inexpliquée, fatigue chronique, fièvre légère… Une distension abdominale associée à une perte d’appétit ou à une fatigue inexpliquée nécessite une consultation médicale.
Le diagnostic peut aussi être fait de manière fortuite lors d’une imagerie réalisée pour une autre indication.
Diagnostic cancer du péritoine : déroulement
Le diagnostic du cancer du péritoine repose sur plusieurs examens. L’examen clinique permet parfois de retrouver une ascite ou une distension abdominale. Une échographie abdominale est souvent prescrite pour rechercher un épanchement liquidien ou des anomalies du péritoine. D’autres examens d’imagerie sont ensuite demandés pour évaluer la taille des lésions, leur localisation précise et l’atteinte éventuelle d’autres organes, comme le Scanner thoraco-abdomino-pelvien, l’IRM abdominale et le TEP-scan.
Le diagnostic formel repose sur la biopsie réalisée par cœlioscopie exploratrice. Cet examen permet d’observer les lésions et de prélever des fragments de tissu pour analyse anatomopathologique.
L’ensemble du dossier est ensuite discuté en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP), réunissant chirurgiens, oncologues et radiothérapeutes dont les praticiens d’ICONE, pour définir la meilleure stratégie thérapeutique.
Étapes du diagnostic du cancer du péritoine
| Étape | Examen | Objectif |
|---|---|---|
| 1 | Examen clinique | Détecter ascite ou distension abdominale |
| 2 | Échographie abdominale | Rechercher épanchement ou anomalie |
| 3 | Scanner thoraco-abdomino-pelvien | Évaluer taille et localisation des lésions |
| 4 | IRM abdominale / TEP-scan | Préciser l'extension tumorale |
| 5 | Biopsie par cœlioscopie | Confirmer le diagnostic histologique |
| 6 | Réunion de concertation (RCP) | Définir la stratégie thérapeutique |
Quels sont les traitements du cancer du péritoine ?
La prise en charge thérapeutique du cancer du péritoine dépend du type de tumeur, de l’étendue des lésions et de l’état de santé général du patient. Plusieurs approches peuvent être associées :
Chirurgie de cytoréduction + CHIP
Lorsque la maladie est accessible à un traitement local, une chirurgie de cytoréduction peut être proposée. Elle consiste à retirer le maximum de tissu tumoral visible dans l’abdomen. Cette intervention peut être associée à une CHIP (chimiothérapie hyperthermique intrapéritonéale). La chimiothérapie est diffusée directement dans la cavité abdominale après la chirurgie, sous forme chauffée, afin de détruire les éventuelles cellules cancéreuses restantes. Cette prise en charge concerne surtout des patients porteurs de lésions limitées, avec un état de santé général compatible avec une chirurgie lourde.
Chimiothérapie PIPAC et cancer péritonéal
Dans certains cas plus avancés ou quand la chirurgie n’est pas possible, une PIPAC peut être envisagée. Cette technique repose sur la diffusion d’une chimiothérapie sous forme d’aérosol dans le péritoine, par cœlioscopie. Le traitement est généralement répété à intervalles réguliers et peut être associé à une chimiothérapie intraveineuse classique.
La chimiothérapie systémique reste utilisée dans de nombreuses formes secondaires du cancer du péritoine, surtout quand plusieurs organes sont atteints.
Radiothérapie tumeur péritonéale
La radiothérapie du cancer du péritoine, qui se distingue de la chimiothérapie par son mode d’action, est moins fréquente que la chirurgie ou la chimiothérapie. Elle peut néanmoins être proposée à certains patients pour soulager des douleurs, réduire le volume d’une lésion ou améliorer le confort général. L’équipe du centre ICONE peut intégrer cette option dans le cadre d’une prise en charge palliative ou complémentaire.
Comparatif des traitements du cancer du péritoine
| Traitement | Technique | Indication | Administration |
|---|---|---|---|
| Cytoréduction + CHIP | Chirurgie + chimio chauffée | Lésions limitées, bon état général | Peropératoire intra-abdominale |
| PIPAC | Aérosol de chimiothérapie | Formes avancées, chirurgie impossible | Cœlioscopie répétée |
| Chimiothérapie systémique | Perfusion intraveineuse | Atteinte multi-organes | Voie veineuse classique |
| Radiothérapie | Irradiation ciblée | Palliatif ou complémentaire | Externe, selon localisation |
Questions fréquentes sur le cancer du péritoine
Qu’est-ce que le cancer du péritoine ?
Le cancer du péritoine est une prolifération anormale de cellules cancéreuses dans le péritoine, la membrane fine qui tapisse la cavité abdominale et enveloppe les organes digestifs. Il existe deux formes : le cancer primitif, qui naît directement dans le péritoine, et la carcinose péritonéale secondaire, plus fréquente, qui résulte de la dissémination d’un cancer préexistant (ovaire, côlon, estomac, pancréas).
Quels sont les premiers symptômes du cancer du péritoine ?
Les premiers symptômes du cancer du péritoine sont souvent non spécifiques. Le signe le plus fréquent est une distension abdominale due à l’accumulation de liquide (ascite), accompagnée d’une sensation de lourdeur. D’autres signes peuvent apparaître : douleurs abdominales, troubles digestifs persistants, perte de poids inexpliquée, fatigue chronique et fièvre légère. Ces symptômes nécessitent une consultation médicale rapide.
Comment diagnostique-t-on un cancer du péritoine ?
Le diagnostic du cancer du péritoine repose sur plusieurs examens : une échographie abdominale, un scanner thoraco-abdomino-pelvien, une IRM abdominale et un TEP-scan pour évaluer l’étendue des lésions. Le diagnostic formel est confirmé par une biopsie réalisée lors d’une cœlioscopie exploratrice. Le dossier est ensuite discuté en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) pour définir la stratégie thérapeutique.
Quels sont les facteurs de risque du cancer du péritoine ?
Les principaux facteurs de risque du cancer du péritoine incluent l’exposition à l’amiante (associée au mésothéliome péritonéal), les mutations génétiques BRCA ou le syndrome de Lynch, l’endométriose, une inflammation chronique du péritoine et des antécédents de cancers digestifs. Le risque augmente également avec l’âge, surtout après 50 ans. Toutefois, certains patients développent la maladie sans aucun facteur de risque identifié.
Qu’est-ce que la CHIP dans le traitement du cancer du péritoine ?
La CHIP (chimiothérapie hyperthermique intrapéritonéale) est une technique associée à la chirurgie de cytoréduction. Après le retrait maximal des tumeurs visibles, une chimiothérapie chauffée est diffusée directement dans la cavité abdominale pour détruire les cellules cancéreuses résiduelles. Ce traitement est proposé aux patients présentant des lésions limitées et un état de santé général compatible avec une intervention chirurgicale lourde.
Qu’est-ce que la PIPAC et à qui s’adresse-t-elle ?
La PIPAC (chimiothérapie intrapéritonéale en aérosol pressurisé) est une technique mini-invasive réalisée par cœlioscopie. Elle consiste à diffuser une chimiothérapie sous forme d’aérosol directement dans le péritoine. Elle s’adresse aux patients atteints de cancer péritonéal avancé ou pour lesquels la chirurgie n’est pas possible. Le traitement est répété à intervalles réguliers et peut être combiné à une chimiothérapie intraveineuse classique.
Le cancer du péritoine est-il guérissable ?
Le pronostic du cancer du péritoine dépend de plusieurs facteurs : le type de tumeur, l’étendue des lésions, l’origine du cancer primitif et l’état général du patient. Certaines formes limitées peuvent bénéficier d’une chirurgie de cytoréduction associée à une CHIP, offrant des perspectives favorables. Dans les formes plus avancées, les traitements visent à contrôler la maladie, soulager les symptômes et améliorer la qualité de vie.
Quelle est la différence entre cancer du péritoine primitif et carcinose péritonéale ?
Le cancer du péritoine primitif est rare et prend naissance directement dans les cellules de la membrane péritonéale. La carcinose péritonéale, ou cancer secondaire du péritoine, est plus fréquente : elle résulte de la dissémination de cellules cancéreuses provenant d’un autre organe, comme le côlon, l’ovaire, l’estomac ou le pancréas. Les traitements et le pronostic diffèrent selon la forme et l’origine du cancer.
Références bibliographiques
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- Sarofim M, Wijayawardana R, Ahmadi N et al.. « Repeat cytoreductive surgery with HIPEC for colorectal peritoneal metastases: a systematic review. ». World J Surg Oncol. 2024. 22(1):99. PubMed PMID:38627808
- Di Giorgio A, Macrì A, Ferracci F et al.. « 10 Years of Pressurized Intraperitoneal Aerosol Chemotherapy (PIPAC): A Systematic Review and Meta-Analysis. ». Cancers (Basel). 2023. 15(4). PubMed PMID:36831468
- « Chimiohyperthermie intrapéritonéale (CHIP) associée ou … ». has-sante.fr. Voir la source
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