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Cancer de la plèvre : mésothéliome pleural

Cancer de la plèvre mésothéliome pleural

3 Plan de l'article

Ce qu'il faut retenir

Le mésothéliome pleural est un cancer rare de la plèvre, membrane entourant les poumons, touchant environ 1 110 personnes par an en France avec une survie à 5 ans de 10 %. Causé dans 80 à 85 % des cas par une exposition professionnelle à l'amiante, il se déclare 30 à 40 ans après le premier contact. Les symptômes incluent essoufflement, douleur thoracique et épanchement pleural. Le diagnostic repose sur une biopsie sous vidéothoracoscopie. Le traitement associe chimiothérapie (Cisplatine-Pemetrexed) et immunothérapie (Nivolumab-Ipilimumab). Il est reconnu comme maladie professionnelle, ouvrant droit à indemnisation.

  • Cancer de la plèvre rare et de mauvais pronostic : survie nette à 5 ans de 10 %
  • Cause principale : exposition à l'amiante, avec une latence de 30 à 40 ans avant déclaration de la maladie
  • Trois types histologiques : épithélioïde (meilleur pronostic), sarcomatoïde (le plus agressif) et biphasique
  • Diagnostic confirmé uniquement par biopsie pleurale sous vidéothoracoscopie, suivi d'une RCP spécialisée
  • Traitement de référence : chimiothérapie Cisplatine-Pemetrexed, avec options d'immunothérapie et de radiothérapie symptomatique
  • Maladie professionnelle reconnue dès le diagnostic, ouvrant droit à indemnisation et cessation anticipée d'activité dès 50 ans
Article revu et validé par le Centre Icone

En France, le mésothéliome pleural malin touche environ 1 110 personnes par an, avec une survie nette à 5 ans de 10 %. C’est une tumeur rare, de pronostic sévère, qui se développe non pas dans le poumon mais dans la plèvre, la membrane séreuse qui l’entoure. Cette spécificité anatomique explique pourquoi cette maladie est prise en charge différemment par rapport au cancer pulmonaire.

Mésothéliome pleural : définition

La plèvre est formée de deux feuillets superposés. Le feuillet externe adhère à la paroi thoracique et le feuillet interne au poumon. Entre les deux, un espace virtuel permet les mouvements respiratoires. C’est dans ce tissu que les cellules mésothéliales, devenues des cellules cancéreuses, prolifèrent de façon anarchique, épaississant progressivement la membrane et provoquant parfois une accumulation de liquide dans la cavité pleurale.

La maladie reste confinée à la plèvre dans la grande majorité des cas. Des localisations péritonéales (8 à 10 %) ou péricardiques (exceptionnelles) existent, mais le mésothéliome pleural représente plus de 85 % des cas diagnostiqués.

Le type cellulaire détermine en grande partie l’évolution :

  • Épithélioïde : forme la plus fréquente (50 à 60 % des cas), réponse aux traitements relativement meilleure
  • Sarcomatoïde : 10 % des cas, évolution rapide, résistance marquée aux thérapeutiques

Biphasique : 30 à 40 % des cas, pronostic intermédiaire selon la proportion de chaque contingent

Types cellulaires du mésothéliome pleural : fréquence et pronostic

Type cellulaire Fréquence Pronostic Réponse aux traitements
Épithélioïde 50 à 60 % des cas Meilleur pronostic Réponse relativement meilleure
Biphasique 30 à 40 % des cas Pronostic intermédiaire Selon proportion de chaque contingent
Sarcomatoïde 10 % des cas Pronostic sévère Résistance marquée aux thérapeutiques

Les causes du cancer de la plèvre, une maladie professionnelle

Dans 80 à 85 % des cas, l’origine est une exposition à l’amiante, le plus souvent professionnelle. Plombiers, chaudronniers, ouvriers du bâtiment, de la construction navale ou du ferroviaire figurent donc parmi les professions les plus exposées. Des cas dits paraprofessionnels sont aussi possibles par contact répété avec des vêtements de travail contaminés par exemple.

Ce qui rend cette maladie particulièrement difficile à anticiper, c’est sa latence. Les fibres inhalées se déposent sur la plèvre et y persistent des décennies en entretenant silencieusement une inflammation chronique pouvant conduire à une dysplasie. La maladie peut se déclarer en effet 30 à 40 ans après le premier contact avec l’amiante chez des patients qui ont parfois quitté le secteur d’activité concerné depuis longtemps.

L’érionite, une fibre minérale naturelle présente dans certaines régions volcaniques, est un second facteur étiologique reconnu. Des cas post-irradiation thoracique sont également décrits.

Sur le plan administratif, un diagnostic de mésothéliome suffit généralement pour le classer en maladie professionnelle. La démarche peut être faite dès le diagnostic, elle ouvre droit à une indemnisation ainsi qu’à une cessation anticipée d’activité dès 50 ans.

Les symptômes du cancer de la plèvre

Quand des signes apparaissent, leur caractère non spécifique peut faire retarder le diagnostic de plusieurs mois :

  • Essoufflement d’installation progressive
  • Toux sèche persistante
  • Douleur thoracique latéralisée, pouvant irradier vers l’épaule
  • Fatigue, cachexie et amaigrissement sans cause identifiée
  • Épanchement pleural qui peut fortement impacter la respiration

Tumeur située à droite (la plupart des cas)

Chiffres clés du mésothéliome pleural en france

Indicateur Valeur Précision
Nouveaux cas par an en France ~1 110 Mésothéliome pleural malin
Survie nette à 5 ans 10 % Pronostic sévère
Part liée à l'amiante 80 à 85 % Origine professionnelle majoritaire
Délai de latence après exposition 30 à 40 ans Après premier contact avec l'amiante
Part des cas pleuraux / total Plus de 85 % Vs péritonéal ou péricardique
Localisations péritonéales 8 à 10 % Forme extra-pleurale principale
Âge minimum pour cessation anticipée 50 ans En cas de reconnaissance maladie pro

Le diagnostic de cancer de la plèvre – mésothéliome pleural

La moitié des mésothéliomes pleuraux sont repérés sur un scanner thoracique réalisé pour une autre raison, sans symptômes spécifiques. Dans 20 % des cas, c’est une radiographie pulmonaire de routine qui révèle l’anomalie. Face à un épanchement ou un épaississement pleural unilatéral inexpliqué, le scanner thoracique permet de préciser la morphologie de l’atteinte et de recherche des stigmates d’exposition ancienne à l’amiante : plaques pleurales, calcifications, fibrose interstitielle…

Une IRM et un Pet-scanner peuvent être prescrits pour compléter le bilan.

La ponction pleurale soulage le patient et peut orienter l’analyse, mais elle ne permet pas d’établir un diagnostic formel. Seule la biopsie pleurale sous vidéothoracoscopie le permet, en prélevant un fragment tissulaire suffisant pour l’analyse histologique et immunohistochimique.

Chaque dossier fait ensuite l’objet d’une discussion pluridisciplinaire dès la confirmation histologique dans le cadre d’une RCP d’oncologie thoracique dédiée avec les spécialistes ICÔNE, avant toute décision de traitement.

Parcours diagnostique du mésothéliome pleural

Étape Examen / Acte Objectif
1 – Détection initiale Scanner thoracique ou radio pulmonaire Repérer épanchement / épaississement pleural
2 – Bilan d'imagerie IRM et Pet-scanner Préciser l'extension et les stigmates amiante
3 – Soulagement et orientation Ponction pleurale Soulager le patient, orienter l'analyse
4 – Confirmation histologique Biopsie sous vidéothoracoscopie Analyse histologique et immunohistochimique
5 – Décision thérapeutique RCP d'oncologie thoracique Discussion pluridisciplinaire dédiée (ICÔNE)

Le traitement du cancer de la plèvre

La stratégie thérapeutique est déterminée au cas par cas, selon le stade TNM, le type histologique et l’état de santé général du patient. La chirurgie d’exérèse n’est envisagée que dans de très rares situations car la tumeur envahit généralement l’ensemble de la plèvre dès le diagnostic.

Cancer de la plèvre : chimiothérapie et immunothérapie

L’association Cisplatine-Pemetrexed reste le traitement de base de la chimiothérapie de première ligne, en 6 cycles avec supplémentation vitaminique, avec surveillance de la neutropénie. Le Bevacizumab peut y être associé selon le profil du patient avec un bénéfice sur la survie globale. Pour les formes non résécables, une bithérapie par Nivolumab-Ipilimumab est une alternative. Une administration intrapleurale de chimiothérapie est aussi envisageable chez certains patients pour maximiser la concentration locale tout en limitant la toxicité générale.

Radiothérapie et suivi du mésothéliome pleural

La radiothérapie par modulation d’intensité peut être délivrée à visée symptomatique au centre ICÔNE, principalement pour soulager les douleurs ou de façon préventive sur les zones de ponction ; les effets secondaires de la radiothérapie restent limités dans cette indication.

À la fin des traitements, une surveillance au long cours est instaurée, notamment pour contrôler la survenue ou l’évolution des lésions pleurales et pulmonaires liées à l’amiante.

Références bibliographiques

  1. Peters S, Scherpereel A, Cornelissen R et al.. « First-line nivolumab plus ipilimumab versus chemotherapy in patients with unresectable malignant pleural mesothelioma: 3-year outcomes from CheckMate 743. ». Ann Oncol. 2022. 33(5):488-499. PubMed PMID:35124183
  2. Hajj GNM, Cavarson CH, Pinto CAL et al.. « Malignant pleural mesothelioma: an update. ». J Bras Pneumol. 2021. 47(6):e20210129. PubMed PMID:34909922
  3. Kao SC, Reid G, Lee K et al.. « Malignant mesothelioma. ». Intern Med J. 2010. 40(11):742-50. PubMed PMID:20298508
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