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Tératome esticulaire

Définition du tératome testiculaire

Le tératome du testicule est une tumeur germinale qui se développe à partir de cellules souches pluripotentes, pouvant donner lieu à une variété de tissus et de structures différenciées. Il peut contenir des éléments de tissus provenant de différentes couches germinales embryonnaires.

Concrètement, cela signifie que la tumeur peut « mimer » plusieurs types de tissus au sein d’une même masse, ce qui la rend particulière parmi les cancers testiculaires. Même si elle est rare, elle s’inscrit dans le groupe plus large des tumeurs germinales, qui constituent la majorité des cancers du testicule.

Tératome mature et tératome immature

La distinction repose sur le degré de différenciation des cellules qui composent la tumeur. Un tératome dit mature est constitué de tissus bien différenciés, d’apparence proche de tissus normaux. Un tératome immature contient des tissus de type embryonnaire, incomplètement différenciés.

Cette distinction ne suffit toutefois pas à préjuger du comportement de la tumeur chez l’homme adulte. Le tératome pur testiculaire survenant après la puberté est classé parmi les tumeurs germinales malignes, y compris lorsque ses tissus paraissent matures , mais il s’agit d’une tumeur maligne de très bon pronostic, dont la prise en charge diffère de celle des autres tumeurs germinales non séminomateuses.

Caractéristiques du tératome testiculaire

Le tératome testiculaire se distingue par sa capacité à former une gamme diversifiée de tissus dérivés des trois couches germinales embryonnaires, y compris des tissus ectodermiques, mésodermiques et endodermiques. Il peut présenter des caractéristiques histologiques variées, telles que des tissus épidermiques, cartilagineux, osseux, musculaires, ou glandulaires.

Cette diversité se retrouve à l’analyse microscopique, où différentes zones peuvent avoir des aspects très différents au sein d’un même prélèvement. C’est aussi ce qui explique que l’apparence et la composition de la tumeur soient parfois hétérogènes à l’imagerie. L’évaluation histologique permet de décrire précisément les tissus présents, ce qui participe à la confirmation du diagnostic.

Une caractéristique a des conséquences thérapeutiques directes : le contingent tératomateux est naturellement résistant à la chimiothérapie. Cette chimiorésistance explique que le traitement repose sur la chirurgie et non sur les médicaments, contrairement à la plupart des autres tumeurs germinales.

Facteurs de risque du tératome testiculaire

Les facteurs de risque spécifiques au tératome testiculaire ne sont pas entièrement compris, mais ils peuvent inclure des antécédents personnels ou familiaux de tumeurs germinales, des anomalies chromosomiques ou génétiques, des affections médicales sous-jacentes, ou d’autres facteurs environnementaux et liés au mode de vie.

En pratique, la notion d’antécédents, personnels ou familiaux, peut inciter à une vigilance accrue, sans pour autant permettre de prédire à elle seule l’apparition de la maladie. Les pistes génétiques et environnementales sont évoquées car les tumeurs germinales résultent d’une transformation anormale de cellules à fort potentiel de différenciation. Il faut retenir que l’absence de facteur de risque identifiable n’exclut pas la survenue d’un tératome.

Parmi les facteurs reconnus pour l’ensemble des tumeurs germinales du testicule figurent la cryptorchidie, testicule non descendu dans l’enfance, un antécédent personnel de tumeur du testicule controlatéral, et l’atrophie testiculaire.

Symptômes du tératome testiculaire

Les symptômes du tératome testiculaire peuvent inclure une tuméfaction testiculaire, une douleur ou une sensation de lourdeur dans le scrotum, une masse palpable ou visible, des changements de taille ou de consistance du testicule, des douleurs abdominales, une gynécomastie, ou d’autres symptômes associés à la compression des structures environnantes.

Souvent, le signe d’alerte principal reste une modification d’un testicule par rapport à l’autre : augmentation de volume, masse perceptible, ou sensation inhabituelle persistante. La douleur n’est pas systématique, ce qui peut retarder la consultation. Lorsque des symptômes à distance apparaissent, comme des douleurs abdominales, ils peuvent évoquer une extension ou un retentissement plus large, ce qui justifie une évaluation médicale sans tarder.

Toute masse testiculaire dure et indolore doit conduire à consulter rapidement, sans attendre qu’elle devienne douloureuse.

Diagnostic du tératome testiculaire

Le diagnostic repose sur trois étapes complémentaires : l’imagerie, le dosage des marqueurs tumoraux sanguins, puis l’analyse de la tumeur après son retrait chirurgical.

L’échographie testiculaire

C’est l’examen de première intention devant toute masse du testicule. Elle caractérise la lésion, précise son siège et oriente la suite du bilan. Un scanner thoraco-abdomino-pelvien est réalisé ensuite pour rechercher une extension ganglionnaire rétropéritonéale ou des localisations à distance.

Les marqueurs tumoraux sanguins

Trois marqueurs sont dosés avant toute intervention : l’alpha-fœtoprotéine (AFP), l’hormone chorionique gonadotrope (hCG) et les lactates déshydrogénases (LDH). Ces dosages sont essentiels car ils orientent directement la stratégie thérapeutique : lorsque les marqueurs sont normaux, le traitement est d’abord chirurgical dans l’hypothèse d’un tératome ; lorsqu’ils sont élevés, la chirurgie est précédée d’une chimiothérapie. Les marqueurs sont également recontrôlés après le traitement et pendant toute la surveillance.

La confirmation histologique

Le diagnostic de certitude n’est pas obtenu par biopsie. Devant une suspicion de tumeur germinale, c’est le retrait chirurgical du testicule (l’orchidectomie élargie par voie inguinale) qui constitue à la fois le premier geste thérapeutique et le dernier geste diagnostique. L’analyse au microscope de la pièce opératoire identifie les tissus présents et permet de conclure.

L’abord par l’aine est impératif : il respecte le drainage lymphatique et permet la ligature première du cordon spermatique. Un prélèvement réalisé par voie scrotale est écarté, car il expose à un risque de dissémination des cellules tumorales dans les voies lymphatiques.

Traitements du tératome testiculaire

Les options thérapeutiques dépendent du stade de la maladie, de sa localisation et de la santé générale du patient. La stratégie est individualisée et arrêtée en réunion de concertation pluridisciplinaire.

La chirurgie

L’orchidectomie élargie par voie inguinale est le traitement de référence. Elle consiste à retirer le testicule atteint et le cordon spermatique par une incision au pli de l’aine. Une prothèse testiculaire peut être posée dans le même temps opératoire ou à distance, selon le souhait du patient.

Pour les formes localisées, une simple surveillance peut être proposée après l’orchidectomie, en l’absence de facteurs de risque histologiques. Un curage ganglionnaire rétropéritonéal d’évaluation peut être envisagé dans certaines situations.

La chimiothérapie et la chirurgie des masses résiduelles

Dans les formes métastatiques, une chimiothérapie est administrée avant la chirurgie. Le protocole de référence des tumeurs germinales non séminomateuses associe bléomycine, étoposide et cisplatine (BEP).

Une chirurgie des masses résiduelles est ensuite réalisée. Elle est indispensable parce qu’aucun examen préopératoire ne permet de déterminer la nature du tissu restant : celui-ci peut correspondre à de la fibrose cicatricielle, à du tératome résiduel (chimiorésistant, donc non détruit par le traitement) ou, plus rarement, à des cellules cancéreuses actives. Cette chirurgie doit être complète.

Et la radiothérapie ?

La radiothérapie n’a pas de place dans le traitement du tératome testiculaire. Elle est utilisée dans une autre catégorie de tumeurs germinales, les séminomes, qui y sont sensibles, ce qui n’est pas le cas du tératome.

Pronostic et surveillance

Le tératome pur testiculaire est une tumeur de très bon pronostic. Les séries publiées rapportent une survie prolongée, y compris pour les formes ayant nécessité une chimiothérapie suivie d’une chirurgie des masses résiduelles.

La surveillance après traitement repose sur la palpation testiculaire, le dosage régulier des marqueurs tumoraux et un scanner thoraco-abdomino-pelvien, selon un rythme défini par l’équipe soignante. Elle doit être prolongée, car des rechutes tardives, au-delà de deux ans, sont possibles.

La question de la fertilité et de la conservation de sperme avant traitement est abordée systématiquement avec le patient, avant le début de la prise en charge.

FAQ - Tératome esticulaire

Sources

  • Association Française d’Urologie : Tumeurs du testicule, Item 310, Collège Français des Enseignants en Urologie.
  • Urofrance : recommandations sur la prise en charge des tumeurs germinales du testicule.
  • Progrès en Urologie : épidémiologie, pronostic et prise en charge des tératomes purs du testicule.

Cette fiche a une vocation informative et ne remplace pas une consultation médicale. Toute masse testiculaire doit faire l’objet d’un avis urologique rapide.