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Neuroblastome

Définition du neuroblastome

Le neuroblastome est un cancer pédiatrique qui se développe à partir de neuroblastes, des cellules nerveuses immatures liées au système nerveux sympathique. Il touche surtout le nourrisson et le jeune enfant, et se présente comme une tumeur solide pouvant apparaître le long de la chaîne sympathique, le plus souvent au niveau de la glande surrénale ou de ganglions nerveux situés près de la colonne vertébrale.

Selon sa localisation, il peut se manifester dans l’abdomen, le thorax, le cou ou le bassin.

Caractéristiques du neuroblastome

Le neuroblastome est une tumeur d’origine embryonnaire issue de cellules de la crête neurale, ce qui explique sa grande hétérogénéité. Certaines formes sont de faible risque et peuvent évoluer lentement, et un phénomène de régression spontanée est décrit chez certains nourrissons dans des situations particulières, alors que d’autres formes sont plus agressives et peuvent se disséminer.

Pour mieux définir le pronostic et guider la prise en charge, la maladie est classée selon des systèmes de stadification et de groupes de risque qui prennent en compte l’âge, l’extension, l’histologie et le degré de différenciation, ainsi que des marqueurs biologiques tels que l’amplification de MYCN, l’anomalie 11q et la ploïdie.

Facteurs de Risque du neuroblastome

Les facteurs de risque du neuroblastome sont le plus souvent liés à des éléments génétiques, même si, dans la grande majorité des cas, la maladie apparaît sans cause identifiable. Une petite proportion de neuroblastomes est dite “familiale”, avec des antécédents chez des proches et des anomalies génétiques impliquant des voies de développement du système nerveux sympathique.

Certaines mutations germinales, rares, peuvent augmenter le risque de développer un neuroblastome, parfois plus tôt dans la vie et avec des localisations multiples. En revanche, pour la plupart des enfants, il s’agit d’un cancer sporadique, c’est-à-dire survenant de façon isolée, sans facteur déclenchant clairement établi. Les facteurs environnementaux et liés au mode de vie sont beaucoup plus difficiles à relier de manière certaine au neuroblastome, et aucune cause unique n’explique la survenue de la maladie.

Symptômes du neuroblastome

Les symptômes du neuroblastome dépendent surtout de l’endroit où la tumeur se développe et de son extension. Lorsqu’elle est abdominale, elle peut se manifester par une masse ou un gonflement du ventre, des douleurs, une sensation de gêne, parfois des troubles digestifs ou urinaires liés à la compression des organes voisins.

Une localisation thoracique peut provoquer une toux, un essoufflement ou une gêne respiratoire, tandis qu’une atteinte au niveau du cou peut se traduire par une tuméfaction visible. Si la maladie s’est propagée aux os ou à la moelle osseuse, des douleurs osseuses, une boiterie, une fatigue marquée, une pâleur, des bleus ou des saignements plus faciles peuvent apparaître. Certains signes généraux peuvent accompagner la maladie, comme une fièvre prolongée, une perte d’appétit et un amaigrissement.

Enfin, selon la localisation près de la colonne vertébrale, des symptômes neurologiques peuvent survenir en cas de compression, comme une faiblesse, des troubles de la marche ou des douleurs irradiantes, ce qui nécessite une évaluation médicale rapide.

Diagnostic du neuroblastome

Le diagnostic du neuroblastome repose sur une combinaison d’examens cliniques, d’imagerie et d’analyses biologiques, afin de confirmer la nature de la tumeur et d’évaluer son extension. L’imagerie est généralement la première étape, avec une échographie quand la tumeur est abdominale, puis un scanner (TDM) et ou une IRM pour préciser la localisation exacte, les rapports avec les organes et les vaisseaux, et le retentissement éventuel sur les structures voisines.

Des analyses urinaires et sanguines sont souvent demandées pour rechercher des marqueurs produits par les cellules tumorales, notamment des dérivés des catécholamines, qui sont fréquemment augmentés dans le neuroblastome. Pour confirmer le diagnostic, une biopsie de la tumeur est réalisée dans de nombreux cas, avec une analyse anatomopathologique et des examens complémentaires permettant d’évaluer certains critères de risque. Un bilan d’extension est ensuite organisé, car le neuroblastome peut toucher l’os et la moelle osseuse, ce qui implique des examens dédiés et, selon les situations, des prélèvements médullaires.

Traitements du neuroblastome

La prise en charge du neuroblastome est adaptée au profil de risque de l’enfant et s’appuie sur une stratégie multidisciplinaire. Dans les formes localisées et de faible risque, la chirurgie peut parfois suffire, ou être associée à une surveillance étroite selon la situation clinique. Pour les formes intermédiaires ou à haut risque, le traitement repose généralement sur une combinaison de chimiothérapie pour réduire la tumeur et contrôler la maladie, suivie d’une chirurgie lorsque cela est possible dans de bonnes conditions, puis parfois d’une radiothérapie ciblée pour sécuriser le contrôle local.

Dans les formes à haut risque, un traitement intensif peut être proposé, avec chimiothérapie à fortes doses et autogreffe de cellules souches hématopoïétiques, puis des traitements de consolidation visant à réduire le risque de rechute, incluant selon les cas une immunothérapie et des traitements ciblés quand une anomalie tumorale spécifique le permet. Tout au long du parcours, des soins de support sont essentiels pour prévenir et gérer les effets indésirables, préserver l’état nutritionnel, et accompagner l’enfant et ses proches.

FAQ - Neuroblastome