Qu’est-ce que le syndrome de Cushing ?
Le syndrome de Cushing désigne l’ensemble des anomalies provoquées par un excès chronique de cortisol. On distingue deux formes principales :
- Endogène : lié à une production excessive de cortisol par les glandes surrénales, il fait suite à une anomalie de l’hypophyse, à une tumeur surrénalienne ou à une sécrétion ectopique d’ACTH
- Iatrogène : conséquence d’un traitement prolongé par des corticoïdes de synthèse qui sont couramment utilisés pour traiter des affections inflammatoires ou auto-immunes
Quelle est la différence entre maladie et syndrome de Cushing ?
Le syndrome de Cushing inclut tous les cas d’excès de cortisol (tumeur, traitement corticoïde, sécrétion ectopique). La maladie de Cushing est un cas particulier du syndrome : elle résulte exclusivement d’un adénome hypophysaire sécrétant trop d’ACTH, qui stimule les surrénales à produire du cortisol en excès. Le terme « syndrome de Cushing » regroupe donc toutes les causes d’hypercortisolisme, tandis que la maladie de Cushing est une forme spécifique.
Quelles sont les causes les plus fréquentes du syndrome de Cushing ?
Les causes du syndrome de Cushing peuvent être classées en plusieurs catégories :
- ACTH-dépendantes : adénome hypophysaire (maladie de Cushing) ou sécrétion ectopique d’ACTH par certaines tumeurs pulmonaires ou pancréatiques
- ACTH-indépendantes : adénome ou carcinome surrénalien, hyperplasie nodulaire bilatérale
- Iatrogènes : traitement prolongé par corticoïdes (cause la plus fréquente)
Quels sont les signes de syndrome de Cushing ? Symptômes
Les symptômes du syndrome de Cushing varient en intensité. C’est leur association qui peut faire penser à cette pathologie et qui guide le diagnostic. L’excès de cortisol entraîne une modification progressive de la morphologie et impacte plusieurs plans.
On peut observer :
- Des changements physiques : la prise de poids se situe surtout sur le tronc et le visage, et donne un aspect caractéristique d’obésité facio-tronculaire. Le visage devient arrondi et bouffi (faciès lunaire, une bosse graisseuse se développe sur la nuque (bosse de bison), mais les membres restent fins. La peau s’amincit, ce qui laisse apparaître de larges vergetures violacées et des ecchymoses au moindre choc.
- Des troubles métaboliques et osseux : hypertension artérielle, parfois associée à un diabète ou une intolérance au glucose. L’ostéoporose fragilise les os et expose à des fractures vertébrales ou costales. La fonte musculaire touche surtout les cuisses et les bras, ce qui entraîne une faiblesse importante dans la vie quotidienne.
- Des troubles psychiques et neurologiques : fatigue chronique, insomnie, anxiété, dépression… Les patients ressentent souvent une irritabilité et une baisse de concentration.
- D’autres manifestations : chez la femme, des troubles du cycle menstruel et une infertilité sont fréquents. Des signes de virilisation peuvent apparaître en cas de sécrétion associée d’androgènes (acné, hirsutisme, modification de la voix). Chez l’enfant, un retard de croissance est un signe d’alerte majeur.
La prise de poids du syndrome de Cushing est-elle réversible ?
Oui. Après traitement de la cause, la répartition anormale des graisses et l’aspect du visage s’atténuent, même si certains stigmates cutanés persistent.
Sur quoi repose le diagnostic de syndrome de Cushing ?
Le diagnostic du syndrome de Cushing repose sur :
- L’examen clinique : recherche des signes morphologiques typiques (faciès lunaire, obésité tronculaire, vergetures)
- Des analyses hormonales : dosage du cortisol libre urinaire sur 24 h, cortisol salivaire ou sérique à minuit, test de freinage à la dexaméthasone, dosage de l’ACTH plasmatique
- Des examens d’imagerie médicale : IRM hypophysaire, scanner ou IRM des surrénales, scanner thoracique ou abdominal en cas de suspicion de sécrétion ectopique
À savoir : certains signes comme l’hypertension ou le diabète sont fréquents dans la population générale. Ces tests sont donc nécessaires pour confirmer le diagnostic.
Comment soigner le syndrome de Cushing ?
La prise en charge thérapeutique du syndrome de Cushing dépend essentiellement de la cause. Elle vise à rétablir un équilibre hormonal normal.
Chirurgie pour syndrome de Cushing
C’est le traitement de référence (quand elle est possible). L’ablation d’un adénome hypophysaire par voie transsphénoïdale est indiquée dans la maladie de Cushing. Les tumeurs surrénaliennes sont traitées par surrénalectomie, souvent réalisée par laparoscopie mini-invasive. Les tumeurs ectopiques productrices d’ACTH peuvent également être retirées si leur localisation le permet.
Radiothérapie syndrome de Cushing
Elle est envisagée lorsque la chirurgie n’est pas envisageable ou en complément, pour réduire les risques de récidive. La radiothérapie stéréotaxique, qui cible la tumeur hypophysaire avec une extrême précision, est aujourd’hui largement utilisée avec de bons résultats. Par ailleurs, elle peut être proposée comme traitement adjuvant après chirurgie pour diminuer les risques de récidive.
Médicaments pour syndrome de Cushing
Plusieurs molécules permettent de faire baisser la sécrétion de cortisol (métyrapone, kétoconazole, osilodrostat). La mifépristone bloque l’action du cortisol sur ses récepteurs. Dans certaines formes hypophysaires, des analogues de la somatostatine ou des agonistes dopaminergiques peuvent être proposés. Ces traitements sont néanmoins utilisés le plus souvent en relais ou en complément d’une chirurgie.
Traitement oncologique et syndrome de Cushing
En cas de corticosurrénalome, la chirurgie doit être complétée par une chimiothérapie, parfois associée à une radiothérapie. Le Centre ICONE propose ce type de prise en charge pluridisciplinaire pour adapter les protocoles en fonction de l’agressivité de la tumeur et de l’état de santé général du patient.
Le syndrome de Cushing peut-il récidiver après traitement ?
Oui c’est possible, notamment en cas de maladie de Cushing. Une surveillance clinique et biologique à long terme est indispensable pour détecter rapidement une éventuelle réapparition des symptômes.
Oncologue radiothérapeute au centre Icone – Intergroupe de Cancérologie et d’Onco-radiothérapie du Nord-Est